Affichage des articles dont le libellé est Dérangeants. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Dérangeants. Afficher tous les articles

Asia Bibi, chrétienne du Pakistan, condamnée à mort pour blasphème

samedi 4 juin 2011







Asia Bibi, chrétienne du Pakistan, condamnée à mort pour blasphème







Asia Bibi, condamnée à mort au Pakistan pour avoir bu de l'eau dans un puits.1996-98 AccuSoft Inc., All right



Chrétienne du Pendjab, Asia Bibi, ouvrière agricole, ramassait des baies rouges, des falsas, le 14 juin 2009 dans le village d'Ittan Wali, lorsqu'elle commit l'irréparable aux yeux de ses voisines : boire de l'eau dans un puits supposé réservé aux musulmans. Parce qu'elle a répondu aux femmes qui l'accusaient d'avoir sali l'eau, Asia Bibi a été accusée de "blasphème", un acte passible de la peine de mort au Pakistan. Aussitôt jetée en prison, Asia Bibi a été jugée en novembre 2010 et condamnée à la peine capitale par pendaison. Dans l'attente d'un second procès un appel, cette mère de famille, qui clame son innocence, a livré son témoignage à la journaliste Anne-Isabelle Tollet, qui publie son récit en France (Blasphème, d'Asia Bibi et Anne-Isabelle Tollet, Oh ! Editions, 192 p., 16,90 euros).

Comment boire de l'eau dans un puits peut conduire à une condamnation à mort pour "blasphème" ?

C'est à partir de deux simples altercations de voisinage que la vie d'Asia Bibi a basculé. Avant l'épisode du puits, il y avait eu une autre altercation, quelques semaines plus tôt. Asia Bibi gardait des buffles d'eau, dont l'un avait détruit la mangeoire d'une voisine. Accusée de mal faire son travail, Asia avait répondu que le buffle lui avait simplement échappé des mains. Mais le simple fait de répondre quand on est chrétien au Pakistan est plus qu'audacieux ; c'est une forme d'insulte. Même si les chrétiens vivent bien avec les musulmans, ils sont considérés par certains comme des citoyens de seconde zone et doivent garder la tête basse.







Après l'incident du puits, Asia a une nouvelle fois tenu tête à ses voisines et le ton est monté. "Pauvre chienne, sais-tu que ton Jésus est un bâtard", lui a-t-on dit, ce à quoi elle a répondu : "Je ne veux pas me convertir, j'ai foi en ma religion. Qu'a fait votre prophète pour sauver les hommes ? Pourquoi devrais-je me convertir et pas vous ?" On l'a accusée de parler à la place du prophète. "Je pense que Jésus aurait un point de vue différent de celui de Mahomet sur la question" de la pureté de l'eau du puits, et on lui a demandé de se convertir, ce qu'elle a refusé. En réponse à son audace, les voisines d'Asia l'ont alors accusée de blasphème, sachant qu'il s'agissait là d'une arme redoutable.Comment s'est passé son procès en novembre 2010 ?

Son procès a été très court. Elle s'est rendue au tribunal du district de Nankana ; il y avait beaucoup de villageois présents au procès, mais aussi des mollahs venus exercer une pression sur le juge pour qu'Asia soit condamnée. On ne peut pas vraiment jeter la pierre au juge : s'il avait acquitté Asia, il aurait signé son arrêt de mort et aurait été assassiné le lendemain. Il n'avait pas d'autre choix que de la condamner à mort.

Depuis, Asia Bibi et son avocat ont fait appel à la Haute Cour de justice de Lahore qui, ils l'espèrent, sera moins sous la pression des mollahs et plus objective. Ils entretiennent donc l'espoir que la condamnation à mort sera annulée et transformée en peine de prison.






Photographie personnelle non-datée d'Asia Bibi, avant son arrestation par les autorités pakistanaises.D. R.



Comment êtes-vous entrée en contact avec Asia Bibi ?


C'est grâce au ministre des minorités, Shahbaz Batti, qui jusqu'à son assassinat en mars avait pris la famille d'Asia Bibi sous sa protection. Quand Philippe Robinet, de Oh ! Editions, m'a demandé si un livre pouvait aider Asia Bibi, j'ai tout de suite pris contact avec Shahbaz Batti et sa famille pour discuter et décider si un livre pouvait la servir ou la desservir. Nous sommes arrivés à la conclusion que sa situation – condamnée à mort, croupissant dans une cellule, sa famille en danger et menacée – ne pouvait empirer et nous sommes donc partis dans l'aventure du livre.

Comme il m'était impossible de lui rendre visite en personne en prison, nous faisions passer mes questions par l'intermédiaire de son mari, Ashiq Maseeh. Je le voyais régulièrement, lui transmettais oralement les questions que je voulais qu'il lui pose, et lorsqu'il sortait du centre pénitencier, je recueillais les réponses à chaud. Ça m'a permis d'être très fidèle au récit d'Asia. Dès que j'avais besoin de précisions, je demandais à Ashiq de les lui transmette. L'intégralité du récit lui a été lu et Asia a parfaitement souscrit à ce qui était écrit. Elle est la voix de ce livre, je n'ai été que la plume.

Quelle sont ses conditions de détention ?


Elles sont terribles. Depuis l'assassinat du gouverneur du Pendjab, Salman Taseer [qui avait pris son parti], Asia Bibi a été placée en isolement. C'était une demande de Shahbaz Batti, pour son bien, car elle était menacée de mort – le mollah de Peshawar avait mis sa tête à prix à hauteur de 50 000 euros, il y avait donc un risque qu'un geôlier décide de la tuer pour toucher la prime. Elle est donc sous surveillance vidéo, avec sa nourriture apportée crue, pour qu'elle-même la cuisine afin d'éviter un empoisonnement. Elle n'a plus le droit à la promenade, elle ne marche pas donc elle s'ankylose. Les toilettes se résument à un trou dans la terre... Il est urgent qu'elle sorte de là, car si elle ne meurt pas par pendaison, elle pourrait mourir de maladie ou de fatigue. En ce moment, il fait 45°, il n'y a pas d'aération, pas de ventilation, elle est bouffée par les moustiques.

En outre, elle a attrapé la varicelle il y a deux mois. Son avocat a remué ciel et terre pour qu'elle puisse être hospitalisée, mais cela n'a pas été accepté. Un médecin a quand même pu venir dans sa cellule pour lui apporter des soins, mais c'était exceptionnel. Elle n'a pas de suivi médical.






Le mari d'Asia Bibi, Ashiq Maseeh, entouré de deux de ses filles à Islamabad.AFP/FAROOQ NAEEM



La famille d'Asia Bibi est-elle toujours menacée ?

Oui, c'est pour cela que son mari et ses enfants changent régulièrement de maison. Ils vivent reclus, cachés, ne sortent jamais de chez eux, sauf en cas de nécessité. Asia Bibi a cinq enfants, dont trois en âge d'être scolarisés, qui ne peuvent plus aller à l'école. Elle a aussi une fille adolescente handicapée qui, par manque de ressources, ne peut plus bénéficier de soins, ni se rendre à l'hôpital car ce serait trop dangereux.

On sait qu'Asia Bibi a perdu deux soutiens politiques de taille, après les meurtres de Salman Taseer, le 4 janvier, et de Shahbaz Bhatti, le 2 mars. Y a-t-il encore des voix politiques au Pakistan pour la soutenir et condamner la loi sur le blasphème ?

Il reste Sherry Rehman, une députée qui avait essayé de modifier la loi au Parlement, mais elle a écopé d'une fatwa et vit maintenant recluse chez elle à Karachi. Le premier ministre, Youssouf Raza Gilani, lui a même conseillé de partir à l'étranger et affirmé qu'il n'était plus question pour le gouvernement de réformer cette loi sur le blasphème, par peur des représailles.

La classe politique se réfugie dans le silence le plus complet : les deux seuls politiques qui ont publiquement défendu Asia Bibi ont été assassinés dans les semaines qui ont suivi leur prise de position. Tout le monde a peur.

Les espoirs reposent désormais sur la pression internationale : quels pourraient être les leviers de cette pression ?

Au Pakistan, plus personne n'ose prendre position. L'objet de ce livre est justement de lancer un appel à la communauté internationale. Le texte a été traduit en plusieurs langues, il sort dans quelques jours en Italie et en Allemagne, et à l'automne, dans les pays anglophones. Il faut espérer que des gouvernements étrangers fassent pression sur Islamabad, pour que le jugement en appel ait lieu rapidement. Ce livre sert aussi à apporter des droits d'auteur à Asia Bibi et à sa famille, qui lui permettront de se défendre dans de meilleures conditions, en s'entourant de plusieurs avocats, et d'apporter une vie meilleure à sa famille.

Le mari d'Asia Bibi est venu en France la semaine dernière avec une de ses filles. Quel accueil ont-ils reçu ?






Ashiq Maseeh (au centre), et sa fille Sidra, dans la cathédrale Notre-Dame de Paris, dimanche 29 mai.D. R.



Le Quai d'Orsay les a très bien reçus et s'est dit prêt à s'engager. Ashiq a insisté sur le fait qu'il fallait absolument parler du cas d'Asia, que la France devait demander au Pakistan qu'elle soit vite rejugée et innocentée. Par ailleurs, la famille d'Asia Bibi a souligné qu'au Pakistan les personnes accusées de blasphème sont marquées de façon indélébile et restent menacées, même si la justice les innocente. Ils espèrent donc que la France puisse être un territoire d'accueil en cas de demande d'asile.

Asia Bibi a-t-elle eu des échos de la sortie de ce livre ?

Elle a vu son mari il y a une semaine, avant qu'il parte en France. Il lui a dit qu'il défendrait son livre afin qu'elle ne soit pas oubliée. Le combat ne fait que commencer, il faut qu'il se traduise maintenant par des faits.

Ce livre permet d'incarner Asia Bibi. Ce n'est plus une femme emprisonnée dans un pays lointain. On ne peut plus fermer les yeux et se boucher les oreilles. C'est une mère de famille d'une cinquantaine d'années, qui n'a pas blasphémé, victime d'une loi injuste – qui frappe d'ailleurs en premier lieu les musulmans. Asia Bibi est devenue malgré elle le bouc-émissaire de cette loi sur le blasphème.






http://www.lemonde.fr/asie-pacifique/article/2011/06/01/asia-bibi-chretienne-du-pakistan-condamnee-a-mort-pour-blaspheme_1530190_3216.html

Pierre Perret et la femme grillagée

dimanche 12 décembre 2010

La Femme Grillagée de Pierre Perret....


Tout est dit avec pudeur et douceur....mais tout est dit !


Écoutons les paroles que l'on peut lire également sur 


Des femmes qui osent avoir une relation sexuelle avant le mariage?? Est ce possible ?

lundi 22 novembre 2010

JeuneAfrique.com

http://www.jeuneafrique.com/Articleimp_ARTJAWEB20101112114321_


Jamel Mokni : "Je défends le droit de la femme à avoir une relation sexuelle avant le mariage"


12/11/2010 Par Habibou Bangré
Jamel Mokni, réalisateur de 'Hymen National - Malaise dans l'islam'.Jamel Mokni, réalisateur de "Hymen National - Malaise dans l'islam".© Capture d'écran
Avec « Hymen National – Malaise dans l’islam », le réalisateur Jamel Mokni signe un documentaire engagé. Il dénonce la souffrance de certaines femmes musulmanes qui ont perdu leur virginité avant le mariage. Entretien.
Il lui en a fallu du temps pour briser le tabou de la virginité. Deux ans de prise de contact, de mise en confiance et de tournage – du Nord au Sud de la Tunisie. Mais pour le fougueux Jamel Mokni, l’objectif est atteint : Hymen National – Malaise dans l’islam donne la parole à des femmes et des hommes qui défendent ou dénoncent le sacre de l’hymen.
Le documentaire du réalisateur belge d’origine tunisienne fait du bruit. Surtout depuis la projection-débat organisée le 27 octobre à Tunis, en marge des Journées cinématographiques de Carthage (JCC) lors desquelles il n’a pas été programmé. Le film continue sa vie et pourrait encore faire parler de lui. Une diffusion serait prévue en décembre aux Halles de Schaerbeek (Bruxelles, Belgique) et, prochainement, sur TV5 Monde.

Affiche du film avant la projection-débat à Tunis, le 27 octobre. © D.R.

Jeuneafrique.com : Quel est le message de votre film ?
Jamel Mokni : Qu’une fille qui a perdu sa virginité ne doit pas avoir honte parce que c’est un acte normal, ordinaire. Pourtant, quand une fille a perdu sa virginité, elle a tout perdu : on la traite de pute, et tout le monde veut coucher avec elle ! J’ai fait le film pour dénoncer l’omerta, le black-out, le silence. Pour changer la mentalité, le regard des gens. D’autant qu’en Tunisie la moyenne d’âge du mariage des filles est d’environ 28 ans. Alors de leur puberté, vers 14 ans, à 28 ans, qu’est-ce qu’elles vont faire ? Le problème se pose réellement car une fille en bonne santé va avoir des envies, et donc des relations sexuelles.

Vous donnez la parole aux partisans et aux opposants de la virginité mais vous avez clairement un parti pris…
Pour moi, un documentaire doit avoir un point de vue documenté. Je connais très bien le sujet, j’ai rencontré pratiquement tout le monde mais, oui, j’ai mon point de vue, clair et net. On voit la souffrance de ces filles… Ce film est un film de droits de l’homme. Je défends les droits de la femme à avoir une relation sexuelle avant le mariage.

Il y a une hypocrisie sociale sur la virginité…
Les hommes veulent avoir des relations avec les filles qui ont perdu leur virginité, mais après ils veulent se marier avec des filles vierges ! Mais si le vrai problème est dans la tête des hommes, il l’est aussi dans la tête des femmes : elles ont intériorisé qu’une fille doit être vierge le jour du mariage. Du coup, elles essaient de transmettre cette idée à leurs filles et à leurs garçons.

Votre film a été bien reçu lors de la projection-débat, mais vous avez des détracteurs. Que vous reprochent-ils ?
Comme la production a été financée par la Belgique, quelques conservateurs pensent que le film est une tentative des pays occidentaux de nuire à la réputation de la Tunisie ou de régler leurs comptes avec le pays à travers ses ressortissants. Mais ce n’est pas vrai ! 

Votre film est dédié à Tahar Haddad. Qui est-il ?
En 1930, ce syndicaliste tunisien très actif a écrit le livre Notre femme dans la charia et la société. Il explique d’une façon très scientifique qu’il est contre la polygamie, la répudiation… et tout ce que Bourguiba [l’ancien président tunisien Habib] a dénoncé par la suite. Tahar Haddad a été empêché de terminer ses études de droit, il a dû s’exiler. Et il est mort à 36 ans d’une crise cardiaque, suite à une tuberculose. À son enterrement, il n’y avait que cinq personnes parce qu’il représentait la honte : “Il a défendu la femme ? Comment ça se faisait qu’il la défende ?” À l’époque, c’était inadmissible.

INTERVIEW DU 1er PRIX de la PAIX OBTENU PAR UNE FEMME MUSULMANE

vendredi 29 octobre 2010

INTERVIEW DU 1er PRIX de la PAIX OBTENU PAR UNE FEMME MUSULMANE

Avocate et militante des droits de l'homme, Shirin Ebadi incarne aujourd'hui la résistance des femmes iraniennes au pouvoir autocratique du régime islamique de Téhéran. Elle a reçu à ce titre le prix Nobel de la paix en 2003, attribué pour la première fois à une femme musulmane.
Ce livre raconte une vie tout entière consacrée à la justice. Au début des années 1970, elle est la première femme à être nommée juge en Iran, à l'âge de vingt-trois ans. Quelques mois après la révolution islamique de 1979, elle est contrainte de renoncer à ses fonctions. Avocate, elle engage alors un combat quotidien contre le régime, ce qui lui vaut d'être plusieurs fois emprisonnée et même menacée de mort : « Toute personne uvrant pour les droits de l'homme en Iran doit vivre avec la peur de sa naissance à sa mort, mais j'ai appris à surmonter ma peur. »
Aujourd'hui, Shirin Ebadi se consacre surtout à la défense des femmes et des enfants, qui subissent de plein fouet, et jusque dans leur chair, la violence de la culture patriarcale iranienne. Mère de deux filles, elle a par ailleurs fondé une association de défense des enfants dont les droits sont inexistants dans son pays.
Ce livre est le récit des combats d'une figure exceptionnelle contre l'obscurantisme religieux et l'oppression des femmes.
Par Ian Hamel

jeudi 11 mai 2006

Son prix Nobel de la Paix ne lui a pas fait perdre sa simplicité. Cette petite femme vêtue dun ensemble bleu ouvre elle-même la porte de sa chambre dhôtel et va chercher un fauteuil pour son hôte. Shirin Ebadi est accompagnée dune interprète, préférant sexprimer dans sa langue. Plusieurs anecdotes dans son livre sont révélatrices du sort réservé aux femmes en Iran. Shirin Ebadi est devenue juge à 23 ans en 1970. Elle est rétrogradée après la Révolution en 1980 au poste de secrétaire du tribunal quelle présidait, sous prétexte que les femmes sont trop désorganisées pour être magistrate et qu« un rien les distrait ».
Certes, les femmes peuvent être élues députées en Iran (ce qui nest pas le cas en Arabie Saoudite), mais « ces femmes navaient nulle part où siéger. Littéralement, elles navaient pas de siège », raconte la prix Nobel de la Paix. Cest-à-dire pas de chaises, ni de tables, et bien évidemment pas de photocopieur au Parlement pour pouvoir travailler. Autre situation ubuesque : Shirin Ebadi, alors âgée de 45 ans, emmène ses deux filles à la montagne pour leur apprendre à skier. Elle est arrêtée à un poste de contrôle. Motif : elle nest pas autorisée à passer la nuit hors de son domicile sans la permission de ses parents !
Très sévère vis-à-vis du régime iranien, cette musulmane nen reste pas moins très attachée à son pays et prévient quil nexiste pas de scénario plus alarmant, « de changement interne plus dangereux, que celui engendré par le fantasme de lOccident - apporter la démocratie à lIran en usant de la force militaire ou en fomentant une violente rébellion ».

L'Iran fait depuis plusieurs semaines la une de lactualité internationale. Que pensez-vous des ambitions nucléaires de votre pays ?
Aucun pays ne devrait posséder larme nucléaire, ni lIran, ni les Etats-Unis, ni Israël. Le gouvernement iranien affirme fabriquer de luranium enrichi quà des fins pacifiques. Malheureusement, le monde ne fait pas confiance à ce régime car il nest pas démocratique.
Malgré tout, Mahmoud Ahmadinejad a accédé démocratiquement à la présidence de la République.
Cette démocratie nest pas complète. La population na pas le droit de voter pour qui elle veut. Elle ne peut choisir quentre les candidats désignés par un Conseil de surveillance. De plus, ce ne sont ni le Président ni le gouvernement qui détiennent le véritable pouvoir en Iran, mais layatollah Ali Khamenei, le Guide suprême.

Comment jugeriez-vous une intervention américaine contre lIran ?
Je prie pour quaucun pays nattaque l'Iran. Le peuple iranien est bien évidemment contre une intervention américaine.

Curieusement, vous affirmez dans votre livre que les jeunes Iraniens demeurent proaméricains. Nest-ce pas paradoxal, alors que les Etats-Unis étaient du côté de Saddam Hussein lors de la guerre Iran-Irak ?
Cest exact, les Américains procuraient des armes sophistiquées à l'armée irakienne pour pouvoir nous attaquer. Mais contrairement aux autres populations du Moyen-Orient majoritairement hostiles aux Etats-Unis, je constate que ce nest pas le cas de beaucoup d'Iraniens.

Votre prix Nobel vous protège-t-il contre les menaces ?
Au contraire, je suis plus menacée qu'avant, que ce soit par téléphone, par lettres, par mails.

Le régime iranien vous menace-t-il lui-même ?
Pas directement. Il na pas besoin de me menacer, il laisse cette tâche à des radicaux, à des organisations qui nont jamais été interdites malgré leurs crimes.
Vous évoquez dans votre livre la retranscription dune conversation ancienne entre un ministre du gouvernement et un membre de lescadron de la mort : « La prochaine personne à éliminer sappelle Shirin Ebadi » ! Le régime actuel fait-il encore assassiner ses opposants ?
Je ne peux pas me prononcer, je nen ai pas la preuve.

Depuis l'élection de Mahmoud Ahmadinejad, la situation s'est-elle dégradée au niveau des libertés individuelles ?
Il y a une nette régression. La situation sest détériorée pour les femmes. Il y a beaucoup plus de censure.

Votre fille Negar prépare un doctorat en électronique au Canada. Souhaitez-vous toujours quelle revienne vivre en Iran après ses études ?
Oui, bien sûr.

Combien y avait-il de personnes pour vous accueillir à laéroport de Téhéran après votre prix Nobel ?
Il ny avait pas eu une telle marée humaine depuis le retour de l'Ayatollah Khomeiny en 1979. Peut-être un million de personnes. La foule était composée en majeure partie de femmes.

Etes-vous pour la séparation du religieux et de l'Etat ?
Personnellement oui. Je suis pour la démocratie, pour le respect des droits de lhomme, pour légalité de lhomme et de la femme, pour le respect des minorités, pour la liberté religieuse.

Vous êtes musulmane. Un musulman peut-il changer de religion ?
Oui, et beaucoup d'Iraniens pensent comme moi.

Propos recueillis par Ian Hamel
* « Iranienne et libre. Mon combat pour la justice », Shirin Ebadi. Editions La Découverte, 270 pages. 21 Euros


Said Saadi, france-info, 06 04 2010
envoyé par FranceInfo. - L'info internationale vidéo.







Echange entre deux intellectuels : Malek Chebel et Mohamed Sifaoui sur un sujet très sensible et qui devrait nous interroger !! 



Découvrez Le dessin de presse selon Plantu au Mémorial pour la paix sur Culturebox !

http://culturebox.france3.fr/all/19246/le-dessin-de-presse-selon-plantu-au-memorial-pour-la-paix#/all/19246/le-dessin-de-presse-selon-plantu-au-memorial-pour-la-paix






L’affaire remonte à la fin du mois d’août dernier, lorsque ce jeune de 27 ans a été arrêté lors d’une descente de police pour non-observation du jeûne. Les organisations des droits de l’homme dénoncent une énième atteinte à la liberté de culte.



Contrairement à l’issue du procès de Aïn El Hammam et celui, bien avant, des non-jeûneurs de Biskra qui tous ont fini par être relaxés, à Oum El Bouaghi par contre, la justice n’a pas jugé utile d’appliquer la jurisprudence dans l’affaire qui implique un autre non-jeûneur. La cour d’Oum El Bouaghi a condamné en effet, lundi dernier, le jeune Bouchouata Fares à une peine de deux ans de prison ferme et 100 000 DA d’amende pour atteinte à un précepte de l’Islam.Une décision inspirée de l’article 144 bis du code pénal, venue confirmer le verdict rendu il y a quelques semaines par le tribunal de première instance.

L’affaire, qui a provoqué la stupeur au sein de la population de Aïn El Beïda, remonte à la fin du mois d’août, en plein milieu du Ramadhan. Agissant sur renseignement, la police de Aïn El Beïda (25 km au sud-ouest d’Oum El Bouaghi) a effectué une descente dans un lieu abandonné, au centre-ville, à la recherche d’un groupe de citoyens qui était en train de casser la croûte au beau milieu de la journée. Sur place, les policiers n’ont pu arrêter qu’un seul parmi les présumés non-jeûneurs, alors que les autres ont réussi à prendre la fuite.

Le jeune homme, âgé d’environ 27 ans, a ensuite été présenté devant le procureur de la République qui a décidé de le placer sous mandat de dépôt. Dans sa plaidoirie, maître Belaïd, avocat de la défense, a vainement tenté, lundi, de convaincre le tribunal de l’inexistence de loi qui condamne les récalcitrants et qu’il relève de la liberté individuelle de ne pas pratiquer tel ou tel précepte. Le verdict a été prononcé tard dans la journée. Pour le même grief, le jugement diffère d’un tribunal à un autre

S’agit-il d’une justice à deux vitesses ? Selon maître Mustapha Bouchachi, «les magistrats d’Oum El Bouaghi ou d’ailleurs ne sont pas tenus de rendre le même verdict que celui de Aïn El Hammam, mais en tout cas, ce genre de poursuite n’a aucun fondement juridique». Le président de la Ligue algérienne de défense des droits de l’homme (LADDH) réitère aussi la position de son organisation sur ce genre de procès à la mode, lié à un excès de zèle et de religiosité de la part de l’institution judiciaire, en dépit du fait que la liberté de culte soit garantie par la Constitution algérienne. «Nous considérons que c’est une atteinte à la liberté de culte.
Ce genre de condamnation fait plus de mal à l’Algérie et à l’Islam lui-même. Nous donnons l’image d’un pays fermé», souligne notre interlocuteur. «Bien sûr, on est tenu de respecter la foi des autres, mais si on s’amuse à ça, on va mettre en prison des gens qui ne font pas la prière et ne vont pas au hadj», ajoute-t-il. Le jeune Fares Bouchouata n’a droit qu’à un dernier recours devant la Cour suprême et, peut-être, à un autre élan de solidarité de la part de l’opinion publique.
Nouri Nesrouche
_______________________________________________________________________________________________________________________________________



jeudi 9 septembre 2010

«Le gouvernement algérien doit libérer Djilali Hadjadj»

La coalition des organisations de la société civile de la Convention des Nations unies de lutte contre la corruption (Uncac) s’inquiète du sort de Djilali Hadjadj et demande aux autorités algériennes sa libération et son traitement, conformément à ses obligations légales internationales concernant le procès équitable et le traitement digne des détenus.


Dans un communiqué parvenu hier à notre rédaction, la coalition de l’Uncac (Unucc en français), fondée en 2006 et composée de plus de 200 organisations de la société civile de plus de 60 pays, se dit «très inquiète de l’arrestation et de la détention continue par les autorités algériennes de la figure de proue de l’action anti-corruption en Algérie, Djilali Hadjadj, et exige sa libération».
Le communiqué rappelle que l’association présidée par Hadjadj (l’Aalcc) est membre de l’Uncac et souligne que celui-ci, «un défenseur hors-pair de la lutte contre la corruption a récemment publié plusieurs articles attaquant à la fois le Président algérien et la nouvelle officine anti-corruption créée le mois dernier», sans toutefois faire un lien direct entre l’arrestation et les positions exprimées par Hadjadj.


Le texte de l’Uncac n’omet pas de préciser qu’en novembre 2009, le gouvernement algérien avait empêché l’Aalcc d’être représentée à la 3e Conférence des Etats-parties de la 


Convention des Nations unies contre la corruption (Cnucc) qui se tenait à Doha, alors qu’elle avait pris part à la 2e Conférence tenue en Indonésie au début de 2008.


La Convention des Nations unies contre la corruption (Cnucc) est un accord qui lie les 146 Etats qui l’ont ratifié, dont l’Algérie. Cet accord contient des standards pour prévenir, détecter, enquêter sur et sanctionner la corruption.


Nouri Nesrouche

Une blague

 
 
 

Sarah B.

Samia Labidi

Malek Chebel

Wassyla Tamzali

Nasreen - Fourest

Caroline Fourest

Djemila Benhabib

Wassyla Tamzali

Asia Bibi

Asia Bibi

Naziran

Azam Hadj Heydari

Djénane Kareh-Tager

Shirin Ebadi

Mansour Fahmy

Rahmouna Salah & Fatiha Maamoura

Moncef Marzouhi

Cyrano et l'équipe Riposte Laique

Mohamed Benchicou

Mohamed Benchicou
CENSURE

Ayaan Hirsi Ali

Malek Chebel

Mohamed Sifaoui

Chahla Chafiq

SHIRIN EBADI 1èr Prix Nobel de la Paix

Malek Chebel

Dounia & Lylia Bouzar
 
Copyright © Ali Dilem